Image-son haïku

Rêve de papillon, ©ADAGP, 2022.

Le soleil, l’orage, les nuages, le tonnerre, les rochers, les arbres sont beaucoup plus que de simple objet ; ils s’individualisent : les phénomènes naturels interviennent comme des “acteurs” dans le temps des vidéos et dans les espaces des photographies. Repères et indications sensibles d’une cartographie du milieu traversé, des phénomènes jouent et redéfinissent ce qui est vu et entendu. Au fil de la marche, les lumières, les ombres, et les mouvements du monde glanés par un caméscope ou un appareil photo, seront autant de perspectives visuelles ou auditives à transposer en évocations brèves. Les photographies ou les séquences des vidéos se rapprochent de la conception d’un haïku lorsque, par exemple, une succession d’espaces ou d’évènements se rencontrent dans les images.

Ces images sont réalisées avec la même attention que les vers d’un haïku esquissant en peu de mots ceci ou cela. Elles déclenchent une petite étincelle de l’instant. Ici, le hasard devient source de création et suggère des transformations, des cycles — éclosion, déploiement, puis déclin.

Le “plan haïku” est un espace d’évocation et de respiration dans le temps de ma vidéo : au détour d’un chemin, au pied d’un arbre, sur la pente d’une colline, ou sur un rocher, le temps semble suspendu dans cet entre-paysage. Comme un écrin de verdure déniché dans la nature, cette place élue, exalte l’ordinaire à qui peut apprécier. Ainsi, le regard s’évade dans le vide d’une évocation. Le promeneur prend pleine conscience de l’instant, s’attarde sur l’éphémère banalité du monde, assiste à la naissance d’un haïku.