à propos des Films-jardins

Les Films-jardins se composent d’alternances dynamiques entre mouvement et repos, entre plan en travelling et plan fixe, mais d’autres polarités s’identifient dans la bande son de ces vidéos comme l’audible et l’inaudible. Les Films-jardins doivent introduire mon expérience mentale de l’espace et du temps, mais dépersonnalisée, devenue celle d’un autre. Semblables à des jardins, ils réunissent des phénomènes rencontrés, des formes jugées intéressantes, et deviennent des promenades parsemées d’allégories. Durant ses vidéos, le temps essentiellement consacré à l’errance, se passe de toutes précisions géographiques. Les Films-jardins mêlent différents espace-temps, par lesquels des expériences physiques et mentales apparaissent subrepticement. Ils bénéficient de la délicate présence des paysages naturels — espace universel du vivant, “paliers authentiques”, accessibles et immersifs.  Dans les Films-jardins, le son compte autant que l’image, il manifeste la présence, tout aussi importante, d’une chose restée hors-champs.

Teddy Peix, Rêve de Papillon, © ADAGP 2022

Succession d’instant dans un Film-jardin dans lequel au fil d’une marche, se croisent des phénomènes captés tels quels. Des scénettes particulières s’extirpent du temps et rappellent un haïku à la rencontre du regard au fil d’un récit. Pendant le temps d’un cheminement, au croisement des formes et des surfaces, les plans des Films-jardins s’harmonisent, non pas dans des raccords logiques, mais dans les impressions visuelles et sonores.